UpCycle lance une nouvelle solution de compostage pour les biodéchets

Dans les projets d’agriculture urbaine, on parle parfois du compostage comme d’un petit machin qu’on mettra dans un coin, et qui réduira les déchets de production en une terre fertile, dans sa version luxe, on y met dans lombrics, pif paf pouf

Pour avoir commencé ma carrière de composteur urbain en faisant fermenter des lombrics en plein soleil, je peux témoigner de l’importance d’une certaine maitrise du compostage.

 

De gré ou de force…

Je doute que les mairies, qui ont déjà fort à faire avec tous les déchets existants, acceptent de traiter les nouveaux déchets massifs de l’agriculture urbaine. Car une activité agricole produit des quantités gigantesques de déchets : déchets de plantes, produits abimés, consommables de production, pains de coco en hydroponie. De quoi remplir des bennes !

En agriculture rurale, on fait des grands tas qui fermentent à leur rythme, depuis quelques années on les méthanise parfois, mais ces procédés demandent de la place, et surtout produisent des odeurs et attirent des bêbêtes que le voisinage risque de ne pas apprécier.

Depuis 2012, les professionnels qui produisent du biodéchets doivent les valoriser spécifiquement. C’est d’ailleurs cette loi qui a boosté la Boite à Champignons et son programme « Marc de Café contre Pleurotes » en entreprise.

 

Quelle solution de compostage ?

Il y a 4 ans, une usine agro-alimentaire me demandait quelle solution existait pour ses biodéchets, j’ai eu du mal à trouver une solution technique alternative à la valorisation par un gros acteur (Véolia, Suez, Paprec). Sauf que recycler du biodéchet ça coute, en ville, de 120 à 240€ la tonne ! Nous avions bien fait quelques tests machine, avec des digesteurs notamment, mais à part un étrange caramel, nous n’avions pas obtenu grand-chose de probant. Heureusement, des nouvelles solutions émergent.

Pour un agriculteur urbain, c’est cher, et c’est absurde d’évacuer loin ses déchets, car il a aussi besoin de fertilisants sur place, et ces fertilisants sont contenus dans les déchets qu’il pourrait évacuer…et dans les poubelles de son voisinage.

Si on veut faire du compost local, il va falloir trouver des solutions par nous-même, les grands acteurs de la valorisation ont monté leur modèle économique sur le transport et la valorisation dans des grandes unités (plateforme de compostage, de méthanisation), il va être difficile pour eux de changer.

Je vous propose donc une petite revue des différents systèmes, l’occasion de vous présenter notre nouvel outil, qui préfigure une nouvelle boucle circulaire, complémentaire au marc de café transformé en pleurotes.

Le lombricompostage : parfait à petite échelle

Le principe : les lombrics cultivent des bactéries sur les déchets, qu’ils vont ensuite manger et dégrader en quelques semaines. Cela fourni un super compost, peu couteux à mettre en œuvre, mais à mon sens pas très adapté à la ville. D’abord car on ne pas tout mettre (attention aux graines, aux maladies, aux produits carnés…), ensuite parce qu’on a toujours un jour ou l’autre des moucherons et autres joyeusetés, et enfin car, si le système est très efficace, il demande pas mal d’attention et de tri des déchets en amont.

C’est idéal pour un potager urbain, mais difficile à maitriser en ville à grande échelle.

 

La micro-méthanisation : effet whaou mais complexe

Sortons l’artillerie lourde ! La micro méthanisation consomme des quantités incroyables de matières et de tout, qui sont transformées par des bactéries en gaz d’un côté et en fertilisant de l’autre. A priori, ça a tout pour plaire. On peut tout mettre en méthanisation, et plus c’est gras, mieux c’est ! J’en parlais avec l’Ademe, qui m’apprenait qu’elle n’aimait pas trop la micro méthanisation en ville, car elle oblige le site à une classification ICPE (ie genre attention, site dangereux). Pas super glamour en pleine ville. A suivre car d’un point de vue valorisation, ça à l’air puissant…

Trop technique pour les centre-ville ?

 

Les deshydrateurs : attention arnaque !

Ça ressemble à un composteur, ça s’appelle parfois digesteur, mais en fait, en vrai, ça ne fait que chauffer les déchets. On utilise donc beaucoup d’énergie pour … sécher des déchets. C’est sûr que c’est pratique, les déchets sont réduits de 80% en 24h00, mais le bilan énergétique est déplorable. Et comme les déchets ne sont pas dégradés, le risque d’odeur, s’ils sont stockés un peu à l’humidité, reste très important. On devrait vraiment pouvoir faire mieux…

 

Le compostage chaud : l’essayer, c’est l’adopter !

Composteur Tidy Planet par Upcycle France
Composteur Tidy Planet par Upcycle France

A force de chercher, nous avons fini par trouver ce que nous cherchions de l’autre côté de la manche. Un long tube isolé qui permet aux bactéries thermophiles (qui aiment la chaleur) de se développer et de transformer tout type de déchet en fertilisant. Concrètement, vous mettez entre 200kg et 5 tonnes de déchets par semaine, vos déchets vont circuler dans un tube où différentes bactéries, qui apparaissent et se développent naturellement, vont dégrader vos déchets en 2 semaines. Plutôt que de chauffer les déchets artificiellement, on fait faire le travail par les bactéries, qui font monter la matière naturellement jusqu’à 70° !

Et 70° c’est un chiffre magique, car ça veut dire que vous pouvez composter de la viande, sans risque d’hygiène. Adieu veau, vache, cochon, tout peut y passer, y compris les os de poulet , à nous les déchets de cantine ! Un système automatisé, qui consomme quelques centaines d’euros d’électricité par an.

Comme on est un peu méfiants, on a acheté une machine pour vérifier si les promesses sont tenues. Et ça marche : 4 jours après avoir rempli la machine, nous avons atteint les 70° dans le tube, et nous avons réussi à stabiliser les déchets. La machine transforme les biodéchets en compost d’un côté, et en vapeur et Co2 de l’autre.

C’est là que s’ouvrent des perspectives : Et si on pouvait transformer nos biodéchet, localement, en compost, sans risque sanitaire ? Et si on pouvait aussi capter la chaleur et le Co2 émis par le composteur pour le booster nos serres d’agriculture urbaine ?

Ce système n’est pas récent, et plusieurs acteurs européens proposent des machines. En ville, il faut des systèmes très aboutis, car on risque vite de se retrouver avec des voisins incommodés. Difficile de leur expliquer que c’est dû à un petit déséquilibre de bactéries ! Nous avons construit un partenariat avec l’acteur qui fournit les bateaux de croisière en système de compostage, le genre d’endroit où on doit avoir une parfaite maitrise de l’hygiène !

UpCycle commence donc, avec les composteurs Rocket de Tidy Planet, une nouvelle aventure d’agriculture urbaine circulaire, et se prépare à être distributeur du système pour la France. Ceux qui sont à la recherche d’un système de compostage urbain peuvent déjà nous contacter à bonjour@upcycle.org

Grégoire

4 Comment

  1. mad says: Répondre

    Quel est sont prix ?

    1. admin says: Répondre

      Bonjour Mad, si vus voulez plus d’informations à ce sujet, contactez-nous directement par mail: bonjour@laboiteachampignons.com, on sera heureux de vous répondre! bonne journée!

  2. Bonjour,

    Votre solution semble très intéressante. Il me vient 2 questions immédiates
    Pouvez-vous donner des références pour pouvoir contacter des utilisateurs ?
    Qui sont vos concurrents directs ou indirects ?

    Merci
    Alain MATESI
    Président fondateur de CoLLecT-IF environnement

    1. Grégoire Bleu says: Répondre

      Bonjour Alain,
      Merci pour votre commentaire.
      Vous trouverez énormément de cas client sur le site de notre partenaire Tidy Planet : http://www.tidyplanet.co.uk/who-we-work-with/case-studies/
      En France, nous sommes distributeur exclusif et 2 à utiliser ce composteur depuis quelques mois: Les Alchimistes à Paris 14, et nous même dans le 78.
      Il existe d’autres fabricants de composteurs électro mécanique, Tidy Planet a pour lui 20 ans d’expérience, ça aide quand on veut être certain de la fiabilité du matériel!
      Notre vrai concurrent c’est la mise en décharge et l’incinération, mais c’est heureusement en train de changer.
      Grégoire

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