Agriculture urbaine : Le Figaro présente « Carrot City »

«Carrot City», une exposition qui présente des expériences de fermes citadines comme à New York, s’ouvre à Paris. L’occasion d’imaginer une agriculture urbaine.

Cette année, Paris et les Parisiens se piquent d’agriculture urbaine. L’ironie veut que, plus la ville s’étend en grignotant les terres agricoles alentour, plus l’appétit des citadins pour les produits frais et locaux grandit. Tout en arrosant nos plants de basilic sur nos balcons, on fantasme sur le retour des cultures maraîchères intra-muros. On évoque des potagers verticaux installés sur des tours vertes, des serres perchées sur les toits comme au Canada… Diverses expositions vont justement se charger de nourrir notre réflexion sur l’avenir de l’alimentation en ville. À commencer par «Carrot City», une exposition itinérante consacrée aux différentes initiatives d’agriculture citadine développées dans plusieurs cités du monde. «Cette exposition, née à Toronto et qui s’enrichit au fil de ses passages, aux États-Unis ou en Europe, va nous permettre de nous interroger sur Paris, sur le champ des possibles, sur la nécessité en temps de crise environnementale, de se reconnecter avec la nature, le vivant», se réjouit Fabienne Giboudeaux, adjointe chargée des espaces verts à la Mairie de Paris.

 

Créer du lien social

Jusqu’à la mi-septembre, le public pourra découvrir, grâce aux panneaux installés en extérieur dans le parc de Bercy, les potagers de toits qui fleurissent depuis plusieurs années à New York, Detroit ou Chicago ou les serres urbaines perchées canadiennes qui fournissent directement les restaurants situés au rez-de-chaussée. «Un restaurateur parisien, qui a vu l’exposition à l’étranger nous a déjà contactés, car il envisage très sérieusement d’installer un potager sur le toit de son établissement pour alimenter ses cuisines», sourit Fabienne Giboudeaux.

 

Une piste? Peut-être, mais cela suppose de définir un statut pour ces producteurs urbains et d’étudier l’équilibre économique-écologique. Pas flagrant. Et puis, Paris n’est pas New York avec ses toits plats qui représentent 20 % de la surface de la ville. Nos toitures sont plus souvent en pente et les terrains en friche rares, pour ne pas dire inexistants. Difficile d’y planter des choux, des tomates et des courges comme à Detroit, ex-cité industrielle. L’objectif, plus modeste, de la Ville, est de concevoir une quinzaine de jardins de toits, plutôt à vocation pédagogique et voués à créer du lien social. Car le modèle de développement privilégié dans la capitale demeure le système du jardin partagé, comme celui du 56, rue Saint-Blaise dans le XXe arrondissement. Ou les plantations démontables de la halle Pajol, installées sur des palettes d’expédition et remplies de terre.

 

Autre initiative qui prendra bientôt racine sur le bitume parisien: une champignonnière mobile qui s’implantera dans quinze jours sur le parking du stade Louis-Lumière (XXe). Son concepteur, Cédric Péchard, a eu l’idée d’utiliser un déchet organique produit par la ville – du marc de café -, comme terreau pour produire des champignons. Il insiste pour préciser qu’il s’agit d’une production de complément, pas d’entretenir le fantasme d’une autosuffisance alimentaire. «L’agriculture urbaine à Paris? Pourquoi pas s’il s’agit de reconnecter les gens avec la nature, de rétablir le contact entre producteur et consommateur et de recréer du lien social.» Une analyse que partage Sylvie Depondt qui officie à la Direction des espaces verts: «Un Paris maraîcher n’a pas beaucoup de sens, les cultures ont toujours été situées en périphérie de la ville. En revanche, il faut renouer les liens entre consommateurs et petits producteurs qui s’étaient rompus lors de l’installation des halles à Rungis.» L’exposition «Savez-vous planter les choux», qui vient justement de débuter au parc de Bagatelle dans le bois de Boulogne, invitent petits et grands à refaire connaissance avec le terroir, les légumes et les maraîchers franciliens. En attendant d’hypothétiques tours potagères…

«Carrot City», exposition gratuite et en plein air, du 21 juin au 15 septembre, dans le parc de Bercy, Paris XIIe.

Vous aimerez aussi...

saint valentin

Une Saint Valentin écolo

La Saint Valentin c’est plus de 11 milliards d’euros générés dans le monde. Alors pourquoi pas célébrer l’amour écolo et plus si affinités …

1
Sous-total : 1 produit
Paiement sécurisé
69,90
Commander
Powered Voltage Emoji by Caddy